Vendredi 20 novembre 2009
Par ulysse
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Dimanche 13 septembre 2009
Par ulysse
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- Des fois, quand on regarde les choses à la dérobée, on s'aperçoit qu'elles sont pas franchement
photogéniques, j'ai dit.
- Les choses, ça se regarde en face. Si tu les regardes à la dérobée, faut pas t'étonner qu'elles se présentent de
travers, a fait Roger sans quitter des yeux son journal.
- La photogénie est à
la beauté ce que la pop culture est à la Renaissance italienne, a ajouté Babalou en baillant, quelques mètres plus loin.
- Pop coultoure, a dit Martinus du fond de ses bras, avachi sur la table, c'est quelque chose qui a rouiné ma vie.
- Vivre, c'est faire l'apprentissage du particulier. C'est cesser chaque jour d'être un possible infini, pour n'être que quelqu'un, a poursuivi Roger en tournant sa page. Le particulier est le
seul vrai visage de l'universel. Hors les particularités, nous ne connaissons rien du monde, et la loi elle-même, la loi physique qui nous fait chuter, nous ne la connaissons que par nos
escaliers quotidiens.
- La photogénie, c'est la braderie universelle où nous abolissons tout ce qui nous rend si différents les uns des autres, tout ce qui fait de chacun de nos visages, grêlés, marqués et usés, les
temples de la beauté, a ponctué Babalou en observant son annulaire. L'impersonnel visage des mannequins ne tient pas deux secondes devant l'homme de la rue, ce prince ignoré.
- Pop coultoure, a dit Martinus du fond de ses bras, avachi sur la table, c'est Michael Jackson avec face en plastique.
Dehors, il pluviotait en lignes douces, la caresse humide de l'été finissant.
Par ulysse
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